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Rapport du comité Castonguay sur le financement du système de santé québécois |
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Joanne Marcotte,
Vice-présidente du Groupe de travail sur le financement du système de santé québécois (Comité Castonguay)
Réalisatrice du documentaire L’Illusion tranquille |
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Le Devoir
Mixité de la pratique en santé - Allons de l'avant avec le projet de loi de l'ADQ
Seulement six semaines après la publication du Rapport Castonguay, voilà que l'ADQ donne suite à l'une de ses recommandations en déposant le projet de loi 392 qui permettrait à un médecin de pratiquer dans le secteur privé seulement après avoir fait une prestation normale dans le secteur public. À peine le projet de loi déposé, le ministre Couillard, fidèle à lui-même, le qualifie «d'inutile» et discrédite l'initiative de l'opposition officielle.
De mon côté, je suis d'avis que les conditions qui y sont décrites pour autoriser un médecin à la pratique mixte respectent en tous points l'esprit de la recommandation de notre comité et pourront rassurer ceux qui auraient peur d'un exode des médecins du public vers le privé.
Résultat? Les patients auraient une plus grande liberté de choix et plus d'options pour obtenir des soins à temps, les médecins jouiraient d'une liberté d'exercice élargie, et le Québec pourrait enfin rejoindre les rangs de la grande majorité des pays occidentaux qui autorisent la pratique mixte.
Pratique mixte
Bien sûr, tous les tenants du statu quo brandiront l'argument de la pénurie de médecins pour nous signifier que la mixité de pratique, bien que souhaitable en principe, est impossible en pratique à l'heure actuelle. À cet argument qui semble implacable, je répondrai de deux manières.
Premièrement, le ratio des médecins par tranche de 100 000 habitants est plus élevé au Québec qu'ailleurs au Canada. D'ailleurs, lors de nos rencontres avec différents groupes, aucun d'entre eux ne voulait confirmer l'existence d'une pénurie. Tous étaient d'avis que si les médecins pouvaient se concentrer sur ce pour quoi ils ont été formés, s'ils pouvaient être soulagés des contraintes technocratiques imposées par le Ministère, s'ils déléguaient certaines tâches à des infirmières praticiennes, et si le gouvernement avait financé correctement les cabinets de médecine familiale de première ligne, la situation serait bien différente.
Deuxièmement, il faut cesser de voir la pénurie des médecins comme étant la cause de tous les problèmes, mais plutôt le résultat du modèle actuel. En effet, souvenons-nous que le nombre de médecins ne résulte pas d'une trop grande libéralisation du secteur de la santé, mais, au contraire, origine du dogme de l'État payeur unique et de décisions gouvernementales: contingentements de diverses professions médicales, mises à la retraite massives, rigidités technobureaucratiques venant du haut de la pyramide étatique, plans d'effectifs médicaux contraignants, sans compter la rigidité des conventions collectives qui résulte d'un dialogue de sourds entre un quasi-monopole public et des organisations corporatistes et syndicales. Résultat? Un nombre de plus en plus important de professionnels de la santé votent avec leurs pieds et délaissent le secteur public.
Des suites
Cette incapacité du secteur public à se redynamiser est précisément la raison pour laquelle il nous faut dès à présent permettre l'exploration d'autres avenues. En effet, le plus grand bénéfice de la pratique mixte sera peut-être, à terme, celui de faire éclore des nouveaux environnements de travail plus productifs et stimulants pour les professionnels, mais surtout plus rassurants et centrés sur les besoins des patients.
En conclusion, je souhaite sincèrement que le gouvernement minoritaire libéral qui se dit «de cohabitation» donne suite au projet de loi de l'ADQ. Après six ans d'études et de tergiversations, six milliards de dollars de fonds publics, les Québécois sont en droit d'exiger des résultats. |
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