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Rapport du comité Castonguay sur le financement du système de santé québécois |
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Joanne Marcotte,
Vice-présidente du Groupe de travail sur le financement du système de santé québécois (Comité Castonguay)
Réalisatrice du documentaire L’Illusion tranquille |
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La Presse
Québec met au rancart le rapport Castonguay
Lessard, Denis
QUÉBEC - Le rapport Castonguay venait tout juste d'être rendu public hier que, déjà, le gouvernement Charest l'avait relégué aux oubliettes. Hausse de la taxe de vente, franchise, mixité de pratique et assurance privée: les principales avenues proposées ont été carrément écartées par le gouvernement ou jugées inapplicables.
C'est le ministre de la Santé, Philippe Couillard, qui est venu rapidement couper les ailes du rapport sur le financement du système de santé. En matinée, au terme de huit mois de travail, l'ancien ministre Claude Castonguay y était allé d'un cri d'alarme devant l'appétit insatiable du réseau de la Santé, qui risque de creuser un déficit annuel de 7 milliards d'ici 10 ans si rien n'est fait. M. Castonguay préconise un remède de cheval: une hausse de la taxe de vente et une contribution des usagers qui augmenterait avec la consommation de soins.
"Je pourrais faire la langue de bois mais je vous dis franchement qu'on n'augmentera pas la TVQ", a laissé tomber le ministre Couillard.
Dans l'ensemble, le portrait brossé par Claude Castonguay du système de santé tranche passablement avec l'image rassurante qu'en donne le ministre depuis des mois. Pour M. Castonguay, la productivité du réseau est en déclin depuis des années, les délais d'intervention ne cessent de s'allonger, la situation se détériore au Québec par rapport aux autres pays. Selon M. Couillard, il est vrai que l'accès aux médecins de famille et aux salles d'urgences peut être amélioré, mais les délais pour plusieurs chirurgies (hanche, genou, cataracte, surtout) ont été réduits.
Au dire de Claude Castonguay, les Québécois sont prêts à payer davantage et souhaitent que le privé occupe plus de place en santé. Son comité a travaillé comme si la Loi canadienne sur la santé n'existait pas. Plusieurs recommandations exigent que le gouvernement conservateur, minoritaire, adopte des amendements. Pour le ministre Couillard, le Québec ne veut pas une réouverture de la loi, il suffirait de l'interpréter de façon plus souple.
Se défendant d'être "naïf", M. Castonguay était pourtant d'avis "qu'une grosse partie du rapport sera appliquée" par Québec.
Des munitions pour l'ADQ
Le rapport Castonguay donnera des munitions à Mario Dumont et à l'ADQ. Le critique adéquiste de la santé, Éric Caire, se disait d'accord, hier, sur l'ensemble des propositions, hormis la hausse de TVQ. "Ce n'est pas un rapport pro-public ou pro-privé. C'est un rapport pro-santé", a déclaré Joanne Marcotte, membre choisie par l'ADQ.
Pour le PQ, le député Bernard Drainville s'est contenté de marteler qu'il appartenait désormais au gouvernement Charest d'abattre ses cartes. Cela n'a pas tardé. Non seulement M. Couillard a indiqué sans ambiguïté qu'il n'était pas question de hausser la taxe de vente, mais l'idée d'une "franchise" pour faire en sorte que les bénéficiaires aient à contribuer pour les soins qu'ils obtiennent lui apparaît "difficilement applicable". Il s'agirait d'un alourdissement du fardeau fiscal des contribuables, dit-il, ce que veut éviter le gouvernement.
Non à la mixité
Le ministre repousse aussi l'idée de permettre la "mixité" de pratique, soit d'autoriser un médecin d'exercer à la fois au régime public et privé. Théoriquement, cela reste possible, mais les balises prévues par Castonguay sont si étroites "que cela ne pourra pas se faire dans un avenir prévisible". Les régions manquent de médecins, et les fédérations ont déjà prévenu qu'il n'était pas question de s'entendre là-dessus avec les établissements, un passage obligé selon Claude Castonguay.
Sur la nécessité d'assouplir les règles, M. Castonguay avait pourtant été limpide: "Les spécialistes se tournent les pouces. Des équipements en hôpitaux sont utilisés quelques heures par semaine. Le statu quo frileux n'a plus sa place." Son rapport préconise une "contribution volontaire", allant jusqu'à 100$ par année pour les citoyens qui bénéficient des services d'un groupe de médecine familiale. Ceux qui ne paient pas devraient changer de clinique, d'expliquer M. Castonguay. Une autre idée que désavoue M. Couillard: pas question de lier contribution et soins. Il reste également réticent sur la gestion privée des hôpitaux publics.
Certaines pistes du rapport méritent toutefois d'être poursuivies, fait valoir le ministre, les recommandations sur la gouvernance du réseau surtout. Le rapport préconise de réduire de 18 à 6 ou 8 le nombre des agences régionales. Il faut les rendre plus imputables, le ministère ne devrait pas avoir à faire dans la micro gestion. M. Couillard est bien d'accord. Le Québec est d'ailleurs un des rares endroits où le ministre doit expliquer jusqu'aux accidents de parcours qui surviennent |
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