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Rapport du comité Castonguay sur le financement du système de santé québécois |
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Joanne Marcotte,
Vice-présidente du Groupe de travail sur le financement du système de santé québécois (Comité Castonguay)
Réalisatrice du documentaire L’Illusion tranquille |
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Le Soleil
"Les ministres avaient dit qu'ils allaient sortir pour appuyer le rapport" - Joanne Marcotte, v.-p. du groupe de travail
Pelchat, Martin
Vice-présidente du groupe de travail sur le financement de la santé, Joanne Marcotte est restée interloquée, mardi, lorsque Philippe Couillard a passé à la trappe les principales avenues proposées dans son rapport. Quelques semaines avant qu'il ne soit rendu public, le président Claude Castonguay était rentré porteur de bonnes nouvelles d'une rencontre avec le ministre de la Santé et sa collègue des Finances, se souvient Mme Marcotte.
"M. Castonguay nous a dit que les ministres lui avaient dit qu'ils allaient sortir pour appuyer le rapport, dit-elle en entrevue. Je lui ai demandé : «Même sur la mixité de la pratique?» Il a dit : «Oui oui, Joanne. On a mis les bons verrous, c'est correct»."
Désignée par l'ADQ pour siéger au groupe Castonguay, Mme Marcotte a été particulièrement étonnée d'entendre M. Couillard enterrer l'idée d'une hausse de la taxe de vente pour alimenter un Fonds de stabilisation dédié à la santé. À deux reprises depuis juillet, soutient-elle, le ministre de la Santé et sa collègue Monique Jérôme-Forget avaient encouragé les commissaires à explorer cette avenue."Là où c'est choquant, c'est quand hier il nous dit qu'il n'en est absolument pas question, de laisser tomber Mme Marcotte. Il y a des limites à prendre le monde pour des..."
C'est en juillet, lorsque les commissaires ont rencontré M. Couillard pour entreprendre leurs travaux, que ce dernier en a parlé une première fois. "Sur comment on pourrait stabiliser le financement, il a donné l'idée de faire une caisse en récupérant le point d'imposition libéré par le fédéral, dit Mme Marcotte. On a mis ça dans notre banque d'idées et on s'est dit : «On va regarder ça»."
Au terme des travaux, fin janvier, les commissaires avaient opté pour un scénario envoyant un demi-point de TVQ dans un fonds santé lorsque M. Castonguay a rencontré les deux ministres pour leur expliquer les orientations du groupe. "Il s'est fait dire : «Pourquoi ne prends-tu pas un scénario de 1 %?» Ça fait qu'il est revenu et nous a dit : «Finalement, on va faire aussi un scénario de 1 %»", se souvient la commissaire.
Elle s'étonne d'entendre la ministre des Finances dire qu'elle avait avisé dès le début des travaux Claude Castonguay qu'il était hors de question de hausser la TVQ. Chose certaine, dit Joanne Marcotte, le président n'en a pas soufflé mot à ses vice-présidents. Elle ajoute que cette solution était pourtant "poussée" par les fonctionnaires des Finances qui assistaient le groupe. "Et pourquoi la ministre a-t-elle accepté de faire travailler ses gens des Finances comme des bourreaux à élaborer des scénarios incluant la TVQ?" demande la commissaire.
"Il faudrait que ça cesse, créer des comités pour envoyer des ballons", s'insurge-t-elle. "Tout ce qu'ils font, c'est jouer à la politique. C'est clair que n'importe quel parti qui prendrait le pouvoir, il faudrait qu'il révise ça en profondeur. On ne s'en sortira pas. (...) Tu ne peux pas être contre quelque chose si tu n'as pas d'autre chose à offrir. Ils vont faire quoi? Un autre comité?"
L'autre vice-président du groupe, Michel Venne, désigné par le PQ, n'a pas voulu dire hier s'il avait été invité par les ministres à lorgner du côté de la TVQ. Il rappelle que cette suggestion était déjà dans le rapport Ménard de 2005 et que "c'était sur la table de toute façon". "Je suis étonné de la rapidité et du ton catégorique avec lequel cette proposition a été rejetée", confie-t-il toutefois.
M. Venne se montre également surpris que Mme Jérôme-Forget dise avoir vite averti M. Castonguay que la TVQ était intouchable. Ce n'est qu'à l'automne, dit-il, qu'il a entendu pour la première fois la ministre écarter - publiquement - l'idée de récupérer le point de TPS libéré par le fédéral pour se donner une marge de manœuvre dans son budget. "Au début, j'ai rencontré Mme Jérôme-Forget avec les autres membres du groupe du travail. Je n'ai aucun souvenir qu'elle nous ait dit une chose pareille."
M. Castonguay n'a pas retourné les appels du Soleil.
Illustration(s) : Désignée par l'ADQ pour siéger au groupe Castonguay, Mme Marcotte a été particulièrement étonnée d'entendre M. Couillard enterrer l'idée d'une hausse de la taxe de vente pour alimenter un Fonds de stabilisation dédié à la santé.
photo Le Soleil, Steve Deschênes |
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