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Rapport du comité Castonguay sur le financement du système de santé québécois |
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Joanne Marcotte,
Vice-présidente du Groupe de travail sur le financement du système de santé québécois (Comité Castonguay)
Réalisatrice du documentaire L’Illusion tranquille |
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Ce qui m’a surprise et décontenancée au cours de mon mandat au sein du Comité Castonguay (voir le clip)
Au cours des neuf mois qu’a duré mon mandat au sein du groupe de travail, j’ai été frappée par un certain nombre de faits et j’aimerais en partager quelques-uns avec vous. Je suis convaincue que vous serez aussi renversée que je l’ai moi-même été … et peut-être plus !
· 45% du budget de programmes du ministère de la Santé et des Services sociaux est consacré à la portion services sociaux; · Sur les 24 milliards $ du budget du ministère, plus de 2 milliards $ sont affectés à l’hébergement des personnes âgées (c'est presque 10%).Une place en centre d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD dans le jargon bureaucratique) coûte plus de 50 000 $ annuellement – · Sur les 3,6 milliards $ que coûte le programme d’assurance-médicaments, 66% (2,1 milliards $) est attribuable à la consommation de médicaments par des personnes âgées de 65 ans et plus. Et cela est sans compter que les baby-boomers n’ont pas encore fait pression sur ces coûts …; · La fréquentation des urgences à Montréal est 50% supérieure à ce que l’on a observé dans les autres grandes villes; · Selon un directeur d’hôpital, 50% des visites à l’urgence pourraient se faire ailleurs; · 30% des dépenses d’un établissement hospitalier ne constitue pas des soins, à proprement parler; · Selon un spécialiste du système de santé du Québec, 20 à 30% des actes posés dans le système de santé ne sont pas pertinents – allo la productivité … · Contrairement à la croyance populaire, il n’y aurait pas de pénurie de médecins : de tous les intervenants qui ont défilé devant le groupe de travail, aucun n’a fait mention de la pénurie de médecins. Ils ont tous affirmé que cette “pénurie” pouvait se résoudre si les médecins faisaient ce pour quoi ils sont formés; · Malgré les orientations visant à développer les soins de 1ère ligne (ex. les groupes de médecine familiale), les cabinets et les cliniques de médecins de famille ont été fragilisés et sous-financés au cours des dernières années; · 80% de toutes les chirurgies est, en fait, de la chirurgie d’un jour dont la majorité est élective, c’est-à-dire non urgente, et qui pourrait être pratiquée dans des environnements beaucoup plus souples et efficients; · Qu’il y a de toute évidence une guerre idéologique au sein du ministère et que tout le reste en découle; · Que des initiatives de coopératives de santé de d’hébergement ou d’économie sociale ne sont pas ouvertement encouragées par le ministère ou les agences. Pire, on perçoit ces initiatives comme une menace… une autre belle démonstration que le secteur public a une aversion telle à la concurrence que même la concurrence provenant du mouvement coopératif est mal vue; · L’extrême difficulté d’avoir une idée claire des chiffres : même le ministère de la Santé et des Services sociaux accuse un retard de 2 ans sur les plus récentes statistiques. Pas étonnant que le ministère soit aussi terriblement en retard sur le plan du dossier informatisé du patient; · Nous ne disposons pas d’une vaste expertise en économie de la santé au Québec : le cours en économie de la santé de l’UQAM a même été annulé, faute d’ouverture sur le marché du travail. Tout de même incroyable lorsque l'on sait que 44% des dépenses de programmes du gouvernement va à la santé!;
TOUT LE MONDE SE PILE SUR LES PIEDS : le ministère se mêle de la production des soins, les spécialistes posent des actes que le médecin de famille pourrait faire, le médecin de famille fait des choses que l’infirmière pourrait faire, que l’infirmière pourrait déléguer beaucoup plus aux infirmières-auxiliaires et aux préposés. |
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Clip vidéo |