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Rapport du comité Castonguay sur le financement du système de santé québécois |
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Joanne Marcotte,
Vice-présidente du Groupe de travail sur le financement du système de santé québécois (Comité Castonguay)
Réalisatrice du documentaire L’Illusion tranquille |
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Est-il possible de se hisser au-dessus du débat idéologique? (voir clip)
Je pense qu’on peut le dire à voix haute: il y a définitivement une guerre idéologique dans le secteur de la santé. Quelqu’un l’a d’ailleurs exprimé en ces termes devant les membres du groupe de travail: au ministère: "Il y a la gang pro-privé et la gang pro-public", et le reste est à l’avenant.
Le groupe a alors décidé de rencontrer quelques représentants du «méchant secteur privé». J’ai rencontré des gens qui veulent se donner des environnements de travail qui correspondent à leurs valeurs, qui souhaitent réaliser quatre opérations par jour plutôt que deux, le faire dans des environnements propres, qui veulent gérer leur personnel eux-mêmes, qui emploient des infirmières qui veulent travailler 3 jours/semaine, qui en ont assez de la bureaucratie, etc.
On a aussi rencontré des gens qui font la promotion d’une autre forme de service privé : des représentants qui croient aux vertus du mode coopératif, qui veulent bâtir avec leurs municipalités des centres d’hébergement qui répondent aux besoins de leur communauté. Ces gens-là aussi, ont de la difficulté à se faire entendre du ministère de la Santé et des Services sociaux. Et pourtant, au Québec, nous sommes les champions du mouvement coopératif … Il y a, par ailleurs des gens du domaine de l’économie sociale qui nous ont affirmé avoir des projets d’unités d’habitation, mais encore là, le ministère fait la sourde oreille à leurs propositions.
Ce débat a assez duré. Il faut arrêter de se diviser et s’ouvrir à une plus grande diversité de modes d’organisation des soins. Peu importe qui offre le service, l’important, c’est d’assurer que les services soient rendus. L’important, c’est de mettre en place des conditions qui favorisent une offre maximale de soins. Voilà ce que je crois être le véritable rôle de l’État.
La recommandation de notre rapport qui porte sur l’exploration de nouveaux modes de gestion est particulièrement intéressante. Pourquoi pas explorer d’autres façons de gérer nos établissements ? Dans certains pays, des infirmières ont créé et gèrent des centres de soins palliatifs. Pourquoi pas des cliniques ou des instituts spécialisés, gérés autrement que par la lourde bureaucratie du secteur public ?
Je suis un peu exaspérée de voir le temps qu’on prend à débattre de positions idéologiques. C’est le cas du débat souveraineté/fédéralisme. C’est le cas du débat public-privé en santé. Comme l’a récemment affirmé une politicienne : «Vous êtes tannés ? Moi aussi, chu ben tannée !».
Tous les éléments novateurs proposés dans ce rapport existent ailleurs, dans des pays sociaux-démocrates. La seule chose qui nous retient, c’est la peur de certains groupes qui cherchent à protéger leurs intérêts et maintenir leur emprise sur le système. Il y a un potentiel fou dont on se prive et à cause de son caractère monopolistique, le secteur public est à bout de souffle.
De nombreuses recommandations visent à transformer les établissements du secteur public en organisations plus dynamiques. Bravo et c’est tant mieux. Mais connaissant la lenteur des bureaucraties à se réformer, on ne peut plus se permettre le luxe d’attendre. Il faut s’ouvrir, dès maintenant, à la concurrence. |
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Clip vidéo |