Rapport du comité Castonguay sur le financement du système de santé québécois

Joanne Marcotte,

 

Vice-présidente du Groupe de travail sur le financement du système de santé québécois (Comité Castonguay)

 

Réalisatrice du documentaire L’Illusion tranquille

Pourquoi permettre la pratique mixte? (voir clip)

 

Le temps est venu d’explorer d’autres façons de produire les soins et de gérer les établissements. Certains vous diront que tant que la pénurie de médecins ne sera pas résorbée, il ne sera pas possible de permettre aux médecins de pratiquer dans le secteur privé.

Je pense qu’il est important de faire une mise au point : d’une part, de tous les intervenants qui ont défilé devant le groupe de travail, aucun n’a fait mention de la pénurie de médecins.
Ils ont tous affirmé que cette “pénurie” pouvait se résoudre si les médecins faisaient ce pour quoi ils sont formés. D’autre part, il ne faut pas mélanger une pénurie hypothétique de médecins au Québec avec le fait qu’il manque de médecins dans une région spécifique. La meilleure manière de résoudre le manque d’effectifs médicaux en région est d’offrir aux médecins des incitatifs suffisamment intéressants pour que cela leur plaise d’aller pratiquer en région.

Par ailleurs, rappelons que nous voulons diminuer le taux de croissance des dépenses publiques de santé. Pour ce faire, on ne peut pas diminuer le débit du financement public si on n’ouvre pas un autre robinet ailleurs. C’est mathématique, logique et indiscutable. Autrement, on va diminuer l’offre globale de services et cela s’appelle du rationnement.

Alors si on veut diminuer la contribution de l’État à la santé :

 

· Il faut accepter l’offre supplémentaire qui peut être faite par le secteur privé;

· Il faut accepter que cette offre supplémentaire puisse être payée par le privé

· Si un médecin a fait sa pratique publique, si il a une entente avec son établissement et qu’il lui reste du temps pour offrir des soins supplémentaires dans le privé, pourquoi pas ?

 

Et puis, cette proposition de mixité n’a rien de très audacieux. La mixité existe ailleurs, notamment dans des pays au moins aussi sociaux-démocrates que le nôtre ! Notre rapport propose un encadrement qui suggère que des ententes doivent être conclues entre les établissements et les médecins avant de pouvoir offrir une pratique privée privée.

Bref, pour des raisons économiques : on ne peut pas se passer de cette nouvelle offre de services à la population ! Ici encore, je crois que la population en général est assez réceptive à cette idée de faire payer ceux qui le désirent ou encore de permettre aux employeurs de payer pour des soins qui ramèneraient leurs
employés plus tôt au travail.

Clip vidéo