Rapport du comité Castonguay sur le financement du système de santé québécois

Joanne Marcotte,

 

Vice-présidente du Groupe de travail sur le financement du système de santé québécois (Comité Castonguay)

 

Réalisatrice du documentaire L’Illusion tranquille

Quels sont les compromis auxquels j’ai consenti? (voir clip)

 

Voici quelques-uns des compromis que j’ai acceptés au cours de nos délibérations :

 

· Tout d’abord, j’ai accepté le mandat tel qu’il était stipulé, c’est-à-dire de trouver des nouvelles sources de revenus pour assurer la pérennité du système financement de la santé. Limiter l’analyse au seul secteur de la santé était difficile pour moi, car vous le savez, je crois que c’est le modèle québécois au complet qu’il faudrait corriger et si on en est rendus là, c’est en partie parce qu’on est incapable de procéder à ce que les libéraux ont appelé la réingénierie. Je vous rappelle que l’État a payé des cours de motivation à ses employés du ministère du Revenu !

Cela dit, le Québec n’est pas une exception. Tous les pays occidentaux vivent la même chose. Le problème du financement de la santé se vit partout.

Et si je devais me résoudre à trouver des nouvelles sources de revenus, je suis toutefois heureuse que nous n’ayons pas seulement suggéré des nouvelles sources de revenus, mais
également exigé d’agir sur la colonne des dépenses, c’est-à-dire ramener, d’ici 5 à 7 ans, la croissance des dépenses de santé autour de 4%.

 

· Autre compromis : J’aurais aimé que l’on exige une augmentation de la productivité AVANT de procéder à une nouvelle injection d’argent dans le secteur public.

 

· C’est à contrecœur que j’ai accepté de ne pas revoir la couverture le régime public d’assurance-médicaments dans le cadre de nos travaux. La raison est bien simple : on nous a clairement fait savoir, au moyen d’une directive, de ne pas toucher de près ou de loin à la Politique du médicament.

 

· Finalement, j’aurais souhaité que nous ayons une vision à plus long terme quant aux impacts du vieillissement de la population sur les soins de santé. On a seulement suggéré de procéder à une réflexion collective à ce sujet.

 

Voilà. J’ai la conscience tranquille. Je vous aurai indiqué, en ce qui me concerne, là où nous aurions pu aller beaucoup plus loin.

Clip vidéo